201 852 visites 6 visiteurs

Julien Hongrois un départ sans adieux (Interview)

19 mai 2018 - 23:31

Après 7 ans passé à la tête de l’équipe première, « Juju » comme on aime l’appeler ici a décidé d’arrêter d’entrainer au club. Un choix on ne peut plus difficile tant son attachement au club et aux joueurs était grand. 

Nous l’avons rencontré pour parler de sa dernière saison a l’US et retracer ainsi tout le chemin parcouru. Entretien:

 

 

Salut Julien comment appréhendes-tu tout d’abord cette fin de saison?

« C'est vrai que c'est déjà des émotions spéciales que ça soit déjà par rapport à l'histoire du club, mon investissement aussi au sein du club, pour moi c'est plus qu'un club c'est une famille et aussi dans cette famille là, y'a aussi les joueurs... Il y'a tous les joueurs de l'équipe ; il y'en a pour certains, on a pas un gros vécu ensemble mais mon mode de fonctionnement c'est : "entraîner, c'est aussi aimer les gens." Ça va me faire bizarre de quitter chaque joueur, de plus les voir ,on va dire, au quotidien. J'passe plus de temps avec les joueurs qu'avec ma famille, presque... donc ouais ça fait toujours quelque chose, ça fait un pincement au coeur. 

Mais j'espère qu'on va bien finir. Pas bien finir sur le plan sportif, sur le plan sportif ça reste une dimension importante mais surtout j'espère qu'on va bien finir humainement quoi, tous ensemble. 

Ce qui nous a un petit peu manqué c'est pas l'humain, en deuxième partie de saison, c'est le mental. J'aimerai bien qu'on finisse sportivement à la hauteur des qualités des joueurs. Pour eux... pas pour moi. »

 

Nous avons loupé de peu la montée cette année, que nous a -t-il manqué  selon toi?

« On a un effectif qui est très jeune, de très bons joueurs. Je pense que ce qui nous a manqué un peu c'est de la maturité. 

Moi je sais que j'analyse beaucoup, je me remets beaucoup en question et si on regarde notre premier partie de saison, oui on a fait 6 victoires mais y'a pas un match ( à part l'AJ Auxerre ou on leur a mis 4-0 ) qui ne s'est pas joué sur des petites victoires. Ça s'est joué sur des petits détails.. on avait surement plus envie en première partie de saison.

Les joueurs avaient beaucoup plus envie de prouver, de se prouver des choses,  envie de prouver en arrivant au club qu'ils étaient capables de jouer avec l'équipe première. Ensuite, qu'ils avaient le niveau pour jouer à ce niveau là. 

Je pense que nous avons perdu la montée à Quetigny. On a senti tout de suite du relâchement... mais c'est l'humain qui est comme ça. Et c'est dommage parce que je pense que encore après le match de Quetigny on aurait pu aller chercher la deuxième place. »

 

 

As tu été surpris des bonnes performances de ce groupe pourtant jeune et remanié par rapport à l’an dernier ?

 

« Dès le début, j'ai surtout vu la valeur du groupe. On avait un groupe assez étoffé, mettre de la concurrence c'était un de mes souhaits : on en a mis. On a intégré aussi des jeunes, des très jeunes joueurs qui avaient 18 ans, ou des joueurs qui étaient là depuis un moment comme Toto, Joris. Oui j'ai tout de suite vu qu'il y avait de la qualité. Moi franchement je sentais qu'on pouvait faire quelque chose, même si on a eu un début d'année difficile avec un match de qualification aux penaltys, mais aussi en Coupe...

On perd  contre Clamcy alors que ce match on aurait pu le gagner. Ensuite derrière on perd contre Cerisiers, ils tirent 4 fois au but, ils marquent 3 fois... On a je crois 5/6 occasions dont 2 penaltys donc là tu te dis que ça va être dur mais on a su rebondir aussi. Donc c'est quand même positif. Après la seule chose c'est que, quand on a un groupe jeune comme ça, c'est que mentalement, sur un groupe de 16/17 personnes y'a  3/4 profils qui seront de très bons personnes en dehors mais dangereuses pour l'équipe sur le terrain. Au delà du côté entraineur, il a fallu essayé humainement d'en faire grandir certains... je crois que j'y suis arrivé, et un peu sportivement aussi. L'objectif d'un entraineur c'est le côté humain et sportif. Durant cette saison, j'aurais peut être dû sur certains profils de joueurs être beaucoup plus dur. Même si je l'ai quand même été parfois… »

 

 

Quels sont tes regrets ? La fin de saison en championnat, ou ne pas avoir été plus loin en coupe? Pourquoi?

« Quand j'étais joueur, j'adorais jouer la Coupe. En tant qu'entraîneur j'aime et j'aime aussi pour les joueurs ; je sais qu'ils aiment ça. On a fait demie finale de la Coupe de Bourgogne, quart de finale, deux fois huitièmes de finale...c'est vrai que ça aurait été bien d'avoir cet objectif de la Coupe pour les joueurs et pour moi. Mon plus grand regret c'est de ne pas avoir réussi à créer tous ensemble une dynamique ne serait-ce que pour aller chercher la deuxième place, par fierté. Et je parle même pas des points. » 

 

 

C’est donc ta dernière saison au club, quel bilan fais-tu de ces six années?

« On va déjà faire un bilan purement sportif. Emmener le club en DH, c'était un de mes objectifs et ça reste un échec personnel. Mais avec la structure qu'on a, on a pérennisé l'équipe première à un niveau régionale PH, ce qui est pas mal... Quand on a commencé y'à 10 ans avec Nico, on était bien réputés sur la formation des jeunes. 

Des 5 saisons en PH, il y a eu une saison un peu plus compliquée l'année dernière mais sinon on a toujours joués jusqu'à 3/4 journées de la fin les montées. Je sais qu'en dehors on parle en bien du club et c'est ça qui fait plaisir. » 

 

As-tu un souvenir marquant à nous raconter ?

« Il y en a plusieurs.. déjà y'a les souvenirs humains. Les rencontres que j'ai fait au club parce que ça, ça m'a marqué. Par exemple, j'ai eu la chance de rencontrer Michel Pradel ; je lui ai déjà dit qu'il était comme un second père pour moi. Il m'a connu j'avais 12 ans, aujourd'hui j'en ai 38. 

J'ai aussi rencontrer beaucoup de présidents comme PhiPhi, Fanfan, tous ces dirigeants qui portent eux aussi l'amour du club. C'est ma première satisfaction dans le souvenir global... Pour moi c'est ça l'USCD, c'est l'amour du club et c'est ce que j'ai toujours essayé de retranscrire.  

Maintenant plus précisément, la plus grosse émotion que j'ai eu sur un match c'était au sixième tour de la Coupe de France. Un vrai ascenseur émotionnel... C'était y'à 3/4 ans, on accueillait Chalon en DH. On a mené 3 fois au score on a été aux prolongations et à chaque fois qu'on a mis un but, dans les 2 minutes derrière on a pris la sentence. Et au final on a finit par perdre aux penaltys alors qu'on était bien plus fort qu'eux. C'était une grosse émotion, au-delà de la montée, du nombre de match. 

La demie final de la Coupe de Bourgogne ça a été un grand souvenir aussi. On a quand même joué contre la CFA 2 du DFCO.....de grands souvenirs sportifs et humains. » 

 

 

Et que penses-tu avoir appris aux joueurs?

« On a de bons footballeurs dans cette équipe ça c'est déjà une certitude. Alors il y'en a qui ont une grande dimension humaine, d'autres qui doivent encore la developper et moi ce que j'essaie d'apporter c'est leur faire comprendre que vu déjà dans le monde ou on vit ( un monde bien personnel ou tout se divise ) l'individualisme ne devrait pas en plus exister dans le sport. Je pense que j'ai permis aux gens de se parler les uns avec les autres, de bien vivre ensemble aussi. C'est vrai qu'on rigole beaucoup mais ça fait partit justement de ce côté humain. Ma devise c'est : "être sérieux..mais sans se prendre au sérieux."  C'est ça la vie. Moi-même je me suis déjà entrainé avec des groupes de PH mais j'avais l'impression que les autres avec moi jouaient en Ligue 1. Faut quand même avoir conscience que le foot c'est pas ce qui va nous faire vivre ou peut être amélioré notre quotidien mais le vrai foot c'est prendre du plaisir. Tu mets un short, un maillot, peu importe le niveau dans lequel tu vas jouer, tu vas jouer avec tes potes... pour moi c'est ça le foot. » 

 

 

Tu nous parles souvent de la dimension humaine dans le football, que t’as apporté ce rôle de coach de l’équipe première ?

« Le poste d'entraineur te permet d'apprendre beaucoup de choses sur toi-même. Avec chaque joueurs, qu'ils soient anciens ou nouveaux on est dans l'échange et que ce soit sur le plan sportif ou humain. Dans la vie en générale, on apprend tous les jours  de tout le monde et ça veut dire que moi vu que je suis dans l'échange, je peux discuter avec n'importe qui et je vais toujours prendre en considération l'avis des gens. Après, ce que m'ont appris les joueurs c'est que lorsque tu arrives à nouer une relation importante avec eux, échanger sur l'aspect sportif ou extra-sportif, ils peuvent être ensuite dans le dépassement d'eux-mêmes pour une personne qu'ils aiment. Ça fait chaud au coeur aussi. »

 

Que te manquera-t-il le plus ici ?

« Ce qui me manquera le plus c'est les gens. Ça fait des années que je joue au foot, ça dépasse le cadre sportif. C'est une vraie drogue en fait, c'est addictif. Après le terrain oui ça va me manqué parce que y'a tous les matchs, les préparations de match, les entraînements mais après moi ce qui me fait plaisir c'est de venir, de rencontrer les gens régulièrement, les rendez-vous humains... c'est une famille quoi.  Après ça se traduit aussi sur le terrain, des petits clins d'oeil, des petites attitudes, des moments faciles, des moments difficile.. tout ça va me manquer. Mais comme je dis, dans la vie quand on aime les gens, on se perd jamais de vue, même si on prend forcement tous des chemins différents à cause du travail, de la famille, des enfants ou par les clubs, les choix sportifs qu'on va faire. 

 

 

 

Etait ce une décision difficile a prendre ?

« C'est une décision qui me déchire le coeur, j'en aurais même pleurer. Mais j'ai toujours fait passer les autres avant moi alors maintenant il est temps d’arrêter… »

 

Un dernier mot ?

« USCD FOREVER ! » 

Commentaires